Avant-Critique Roman

Blandine Rinkel, "Vers la violence" (Fayard) : Danse avec les loups

Blandine Rinkel - Photo OLIVIER DION

Blandine Rinkel, "Vers la violence" (Fayard) : Danse avec les loups

Dans ce troisième roman de Blandine Rinkel, d'une infinie justesse, une fille regarde son père, son amour, sa solitude, ses mensonges, sa sauvagerie.

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Par Olivier Mony
Créé le 18.07.2022 à 14h00 ,
Mis à jour le 06.10.2022 à 11h44

Flic, ancien militaire, presque toujours une arme à portée de main, le bon mot autant que le gros au bord des lèvres tout comme la blague et le sarcasme, moustachu, capable de transformer toutes les occurrences du monde en bonnes histoires, incarnation immémoriale de ce que l'on voudrait faire passer pour la virilité, tel est Gérard. Un drôle de type, intrigant, fatigant, exagéré. Un père. Celui de Lou, sa petite fille qui quelque part en Vendée, dans les bourgs, le long des côtes ou les forêts, n'aime rien tant que de l'accompagner sur ces chemins qu'il ne semble emprunter que pour elle. C'est entendu entre eux, le monde est une promesse qui leur sera à eux seuls offerte. Le reste ? Une menace, un en-dehors de l'amour dont les prestiges et bientôt tout de même les usages vont peu à peu détourner l'enfant de la scène initiale, de la scène paternelle. Ces arrachements, sauvages, solitaires, sont le prix à payer d'une vie à vivre, d'une lucidité douloureuse.

Lou, en comptant le pas de côté de la fiction, c'est sans doute Blandine Rinkel, plus en majesté que jamais avec ce Vers la violence, son troisième roman. Le premier, L'abandon des prétentions (Fayard, 2017) était celui de la mère ; celui-là sera donc, dans un registre littéraire différent, moins tenu à distance et plus endeuillé, plus flamboyant, celui du père. C'est aussi moins la vérité de ce personnage inouï, à la fois larger than life et profondément installé dans l'inconfort de lui-même, qui est ici interrogée que

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