Dans le nouveau plan de restructuration de l’enseigne, qui compte près de 300 succursales en Allemagne, en Autriche et en Suisse, des magasins situés notamment à Brème, à Hambourg ou Zeitz sont concernés. Lors d’un point presse, le 25 septembre à Hagen, Michael Busch, directeur de la chaîne, a annoncé qu’il s’agissait uniquement de magasins non rentables.
Après des années d’expansion tous azimuts à coup de créations, d’agrandissements et de rachats, la bataille du linéaire à tout prix est bel et bien terminée pour la filiale de la holding Douglas, dont le revirement est dû à l’évolution et à l’âpreté du marché, et singulièrement à la très rude concurrence infligée par Amazon, qui a entraîné pour elle de lourdes pertes.
Pour Michael Busch, ces fermetures constituent la partie « la plus difficile « de la restructuration en cours. Dans ses magasins restant, Thalia va conserver et valoriser son cœur de métier, le livre, tout en élargissant l’assortiment avec l’intégration de DVD, de CD, de jeux et de jouets, ce qui ne constitue pas une originalité pour les librairies françaises, mais marque un vrai cap à franchir pour une librairie allemande traditionnellement centrée sur le seul produit livre. Thalia veut aussi abandonner les grands espaces de vente pour se concentrer sur des sites de 500 à 700 m2 de surface commerciale.
Michael Busch s’est montré optimiste pour le secteur de la vente en ligne, où Thalia détient le site de vente de livres en ligne buch.de et où il revendique « une croissance à deux chiffres ». Dans le secteur du numérique, Thalia annonce « une croissance à trois chiffres » en s’appuyant entre autre sur le succès de sa liseuse Tolino, lancée à l’automne 2010, et qui bénéficiera très prochainement de différentes déclinaisons. La philosophie de la direction est, in fine, de privilégier le service en permettant à tous ses clients d’accéder rapidement à sa demande de livre, quel que soit le support et la diffusion.
Les dirigeants de Thalia n’ont communiqué aucun résultat chiffré pour étayer leurs déclarations. Il faudra donc attendre le rapport annuel
d’activité pour en savoir davantage sur la santé économique de la chaîne, qui promet toutefois une augmentation de son chiffre d’affaires pour l’exercice 2013/2014 qui débute en octobre.
En 2012, Thalia, en tête depuis plusieurs années du classement des librairies de langue allemande établi chaque année par notre confrère Buchreport, a réalisé un chiffre d’affaires de 984 millions d’euros, en baisse de 3,1 % par rapport à 2011. La chaîne qui, au cours de cet exercice, possédait 242 000 m2 de surface de vente, employait 4024 salariés. Depuis, l’enseigne a fusionné en Suisse avec les librairies Orell Füssli en mars 2013.
