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L'un dans le sens de lecture japonais, l'autre occidental, Taiyō Matsumoto et Cyril Pedrosa donnent chacun leur version d'une même histoire, se déroulant dans le Japon du xvie siècle. Un album réussi, à la hauteur de son ambition.

Vent d'est, vent d'ouest. En 1543, alors que le Japon est encore une terra incognita pour les Occidentaux, Fernando, un marin portugais, s'échoue sur une plage japonaise après un naufrage. Recueilli par un ancien pêcheur, il suscite d'abord la méfiance, avant de s'intégrer et de se faire apprécier des villageois. Dans Nanbanjin, cette histoire est racontée deux fois : du point de vue et dans le sens de lecture occidentaux par Cyril Pedrosa, du point de vue et dans le sens de lecture japonais par Taiyō Matsumoto, aidé par sa femme Saho Tōno.

Tout en étant parfaitement cohérents et autonomes, les récits se complètent l'un l'autre, apportant d'autres éclairages, d'autres informations, comme ces flash-back imaginés par Pedrosa sur l'enfance de Fernando. Les auteurs sont tous deux de fins interprètes des émotions humaines et abordent avec sensibilité des thématiques qu'ils partagent : l'altérité, la tolérance, l'amitié, la fuite du temps, l'enfance. S'ils gèrent particulièrement bien l'incompréhension linguistique initiale entre les protagonistes, on peut regretter l'anachronisme des jurons utilisés par ces derniers.

24.09 2026

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