Les hasards de la vie et souvent d'une carrière font parfois bien les choses. À 29 ans, Steeve Théophile sait aujourd'hui, qu'il est finalement possible, de passer du rêve à la réalité. Que le plaisir se vit et se partage d'abord au présent, avant de pouvoir se savourer dans le futur. Lui qui a beaucoup bourlingué, roulé sa bosse dans une dizaine de clubs, connu le National au Racing, les joutes de la D2 à Gueugnon et Créteil, goûté à la L1 six mois à Istres, tenté des expériences à l'étranger (Belgique et Grêce) sait sans doute mieux que personne, ce qu'un match de Coupe de France face au PSG représente.
« C'est une belle cerise sur un beau gâteau. Il faut se dire, que c'est un privilège de vivre un tel rendez-vous. En ce qui me concerne et quoiqu'il arrive, ce moment restera gravé dans ma mémoire parmi les bons souvenirs de ma carrière. Jouer le PSG, c'était mon souhait et quelque part un rêve de gosse », affirme ce parisien de naissance, qui n'a jamais eu en effet la chance d'évoluer au Parc ni de rencontrer un club auquel il reste très attaché.
« En L.1, c'est l'équipe que je supporte. Même si dès l'âge de 13 ans, j'ai rejoint le centre de formation de Nantes, je suis resté parisien de cœur (formé à Aubervilliers) et disons un canari de formation », confirme un garçon d'origine guadeloupéenne issu d'une génération talentueuse, symbolisée aujourd'hui par Toulalan, Vahirua mais aussi Berson et Pujol. « J'y suis resté sept ans, mais en définitive mes qualités et mon jeu n'ont jamais vraiment correspondu au moule nantais inspiré par Suaudeau puis Amisse », glisse un attaquant à l'aise sur le couloir gauche, ayant au gré de ses nombreuses pérégrinations, croisé la route de Patrick Leonetti au Racing en 2001-2002 et de Christophe Ettori à Créteil. L'accolade à Landreau, le regard admiratif pour Hoarau
C'est ce dernier qui a facilité le contact pour lui permettre de tenter un dernier rebond avec le Gazélec, après une année à Montluçon et un retour au Racing. Steeve ne le regrette pas.
« Ici, j'ai trouvé une véritable famille. À tel point, que je me dis que si la chance fait qu'un jour, je puisse à nouveau évoluer à un niveau plus important que le CFA, j'aimerais vraiment que cela se fasse à travers une accession du GFCOA. Ce match face à Paris, constitue aujourd'hui, une opportunité formidable de sortir le club de l'ombre. Il va y avoir du monde et de l'ambiance. Cela va nous changer du CFA ou cela n'est pas toujours le cas. J'entends dire, qu'il y a également un contexte particulier lors de ces affiches en Coupe. J'ai hâte de découvrir ce climat et je peux vous garantir que l'on va tout faire pour offrir du plaisir à ce public. »
Sur le terrain, le sien sera différent. Il le vivra intérieurement, mais reconnaît qu'il ira avec un brin d'émotion saluer Mickaël Landreau, coéquipier à ses débuts en CFA 2 au FCN. Tout comme il avoue qu'il jettera un regard furtif mais un brin admiratif sur l'imposant Guillaume Hoarau.
« C'est le joueur parisien que j'apprécie le plus. Son parcours, son éclosion, sa marge de progression me font penser que le PSG possède le grand attaquant français de demain. »
Vivre passionnément ce débat ne signifie pas pourtant l'oubli de la rigueur nécessaire et indispensable. Pour mieux mordre à pleines dents dans son match, Steeve s'est même rajouté un challenge personnel. « C'est mon premier véritable test à Mezzavia et le destin veut que cela tombe face au PSG. À cause de ma suspension à Toulon, je n'ai pas pu vraiment montrer mes qualités (sauf en Coupe, face à la Costa Verde le 19 octobre), de sorte que personne ne me connaît vraiment. Le match sera télévisé, ma famille sera présente. J'attends ce jour J avec impatience mais aussi sérénité. » À l'image du groupe qui n'a finalement pas bouleversé ses habitudes de travail.
« La pression va véritablement monter d'un cran dimanche. Sur un match de Coupe, on sait que tout peut arriver. Un exploit est toujours possible. Il faudra pour espérer vraiment y parvenir, être solides en résistant le plus longtemps possible dans cette partie. Il faut arriver à les faire douter. Après qui sait, on peut avoir la chance de les surprendre sur un contre...» Cette saison au Gazélec, on vous laisse deviner qui est le joueur le plus rapide ?
