La 74
e édition du Festival de Cannes s’est achevée samedi 17 juillet avec la révélation du palmarès de la compétition cinématographique. Plusieurs adaptations, toutes sélections confondues, ont été projetées durant les douze jours de la manifestation. Si aucun film n’a reçu un enthousiasme unanime, quelques-uns ont séduit les festivaliers, moins nombreux que d’habitude en raison de la crise sanitaire empêchant le déplacement de professionnels et de journalistes internationaux.
Le jury présidé par Spike Lee a choisi de récompenser le film de genre
Titane, de la réalisatrice française Julia Ducourneau. C’est la deuxième fois de l’histoire du festival qu’une femme obtient le plus prestigieux prix du septième art, après Jane Campion il y a 28 ans.
Le drame romantique finnois
Compartiment no6, de Juho Kuosmanen, adaptation du roman du même nom de Rosa Liksom (Gallimard), partage le grand prix du jury avec le drame moral d’Asghar Farhadi,
Un héros. Juho Kuosmanen a transformé l’épopée à travers la Sibérie des années 1980 du livre en un trajet vers la région arctique dans les années 1990 et construit à travers ce voyage une très belle relation amicale entre une jeune archéologue finlandaise et un Russe un peu sauvage dans un pays en décomposition.
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Drive My Car, du Japonais Ryusuke Hamaguchi, repart avec le prix du scénario. Le film a également reçu le prix de la critique internationale, celui du jury œcuménique et celui des cinémas art et essai. En salles le 18 août en France, cette œuvre de trois heures, brillante et magistrale, est tirée d’une nouvelle d’Haruki Murakami, issue du recueil
Des hommes sans femmes (Belfond). L’infidélité, l’amour, la mort, le deuil, la trahison et la confiance se mêlent dans un récit fleuve qui suit un acteur et metteur en scène de théâtre dévasté par la mort de sa femme et qui tente de se reconstruire en créant sur scène sa version polyglotte d’
Oncle Vania, d’Anton Tchekhov.
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Libraire, bibliothécaire et dessinateurs de BD
Au tableau d’honneur, on retrouve également Leos Carax (pour la mise en scène d’
Annette), l’actrice norvégienne Renate Reinsv pour son interprétation dans
Julie (en 12 chapitres), où elle incarne une libraire amoureuse d’un auteur de bande dessinée, et l’acteur américain Caleb Landry Jones pour son interprétation dans
Nitram, film biographique sur l’auteur du massacre de Port-Arthur en Australie. Deux films se partagent le prix du jury :
Le genou d’Ahed, de l’Israélien Nadav Lapid, qui raconte l’histoire d’un réalisateur invité par une bibliothèque au fin fond du désert, et qui se voit confronter à un système de censure artistique gouvernemental, et
Memoria, d’Apichatpong Weerasethakul, splendide songerie hypnotique en Colombie.
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Le Festival de Cannes a proposé une édition gargantuesque cette année. Notons que, dans la sélection officielle, les artistes étaient récurrents parmi les métiers des personnages : des dessinateurs de BD dans
La fracture, Julie (en 12 chapitres) et
La fièvre de Petrov, des auteurs dans
Tout s’est bien passé,
Tromperie et
Où est Anne Frank !, ou une traductrice dans
Serre-moi fort. Sans oublier des peintres, metteurs en scène, cinéastes ou musiciens. On pouvait aussi croiser une éditrice dans
La fracture et des bibliothécaires dans
Le genou d’Ahed et
La fièvre de Petrov. Sans oublier le plus littéraire de tous les films, avec un récit en voix off rendant hommage au grand journalisme, dans
The French Dispatch, revue filmée comme un chemin de fer de magazine. Le film, tourné à Angoulême, offre par ailleurs une séquence animée reprenant l’esthétique de la BD franco-belge…