Faut-il que toujours sous une forme ou une autre, vêtue de probité candide ou déguisée dans des atours trompeurs, revienne la douleur ? Et avec elle son sinistre cortège, la peur, la solitude, l'enfance déchirée ?
En tout cas, celle d'Aden Robleh, Français d'origine djiboutienne, enseignant les études romanes à l'université George-Washington de la ville du même nom, l'a accablé par deux fois. La première, lorsque la polio lui fut diagnostiquée alors qu'il vivait encore dans son Afrique natale. La seconde alors que notre homme désormais quinquagénaire et surtout père d'une petite Béa apprend que celle-ci, qu'il aime tant, qu'il n'aimera jamais trop, lumineuse et si vive gamine, est à son tour victime d'une maladie qui la laisse prisonnière d'un corps et d'un avenir tous deux incertains. Rappelé de France vers l'Amérique, loin de l'hôpital Robert-Debré où se noue le destin de sa fille, Aden s'exaspère, s'angoisse et surtout se souvient. Il téléphone souvent, écrit plus encore, à Béa pour lui raconter ce que fut sa propre enfance au temps de la maladie, celles et ceux (surtout celle à vrai dire, une grand-mère aimante autant que protectrice) qui l'accompagnèrent alors, la présence salvatrice des livres... Dans le silence et dans la nuit, dans l'absence tout autant, se noue et se renforce un dialogue entre le père et sa fille avec comme discrète intercesseur, Margherita, mère courage de l'une et femme de l'autre. Et si le monde doit être sauvé par des histoires, alors il est normal que les familles le soient aussi.
Faut-il que toujours sous une forme ou une autre, vêtue de probité candide ou déguisée dans des atours trompeurs, revienne la douleur ? Et avec elle son sinistre cortège, la peur, la solitude, l'enfance déchirée ?
En tout cas, celle d'Aden Robleh, Français d'origine djiboutienne, enseignant les études romanes à l'université George-Washington de la ville du même nom, l'a accablé par deux fois. La première, lorsque la polio lui fut diagnostiquée alors qu'il vivait encore dans son Afrique natale. La seconde alors que notre homme désormais quinquagénaire et surtout père d'une petite Béa apprend que celle-ci, qu'il aime tant, qu'il n'aimera jamais trop, lumineuse et si vive gamine, est à son tour victime d'une maladie qui la laisse prisonnière d'un corps et d'un avenir tous deux incertains. Rappelé de France vers l'Amérique, loin de l'hôpital Robert-Debré où se noue le destin de sa fille, Aden s'exaspère, s'angoisse et surtout se souvient. Il téléphone souvent, écrit plus encore, à Béa pour lui raconter ce que fut sa propre enfance au temps de la maladie, celles et ceux (surtout celle à vrai dire, une grand-mère aimante autant que protectrice) qui l'accompagnèrent alors, la présence salvatrice des livres... Dans le silence et dans la nuit, dans l'absence tout autant, se noue et se renforce un dialogue entre le père et sa fille avec comme discrète intercesseur, Margherita, mère courage de l'une et femme de l'autre. Et si le monde doit être sauvé par des histoires, alors il est normal que les familles le soient aussi.
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En tout cas, celle d'Aden Robleh, Français d'origine djiboutienne, enseignant les études romanes à l'université George-Washington de la ville du même nom, l'a accablé par deux fois. La première, lorsque la polio lui fut diagnostiquée alors qu'il vivait encore dans son Afrique natale. La seconde alors que notre homme désormais quinquagénaire et surtout père d'une petite Béa apprend que celle-ci, qu'il aime tant, qu'il n'aimera jamais trop, lumineuse et si vive gamine, est à son tour victime d'une maladie qui la laisse prisonnière d'un corps et d'un avenir tous deux incertains. Rappelé de France vers l'Amérique, loin de l'hôpital Robert-Debré où se noue le destin de sa fille, Aden s'exaspère, s'angoisse et surtout se souvient. Il téléphone souvent, écrit plus encore, à Béa pour lui raconter ce que fut sa propre enfance au temps de la maladie, celles et ceux (surtout celle à vrai dire, une grand-mère aimante autant que protectrice) qui l'accompagnèrent alors, la présence salvatrice des livres... Dans le silence et dans la nuit, dans l'absence tout autant, se noue et se renforce un dialogue entre le père et sa fille avec comme discrète intercesseur, Margherita, mère courage de l'une et femme de l'autre. Et si le monde doit être sauvé par des histoires, alors il est normal que les familles le soient aussi.
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